
Cette Monaquatre fourgonnette appartenait à un boucher habitant le Cantal, qui a fait sa tournée avec elle jusque dans les années 80 !
Ce type YN5IE1 a ensuite vécu sous le climat de la Manche, faisant la publicité d'un motel, c'est là que en 1996 j'ai eu le coup de foudre, Je l'ai achetée en septembre, sur photos, sans jamais l'avoir vue de près.
Je me suis donc rendu dans la Manche avec un neveu.
Bien que le vendeur affirmait qu'elle était roulante, j'ai préféré la rapatrier sur un plateau, sage précaution car n'y tenant plus j'ai décidé d'effectuer les derniers kilomètres de nuit à son volant, mais quand j'allumais les phares, elle s'arrêtait.
J'ai donc été obligé de revenir tous phares éteints.
Le lendemain, lors de la première ballade, elle n'ira pas loin, après une quinzaine de kilomètres, une des bielles passait à travers le moteur.
J'ai donc dû récupérer un second moteur mais celui-là avait trop de jeu, après bien des recherches et des déboires, j'ai fini par acquérir une berline Monaquatre pour ma femme, le vendeur, proposant en prime, tout un lot de pièces dont un moteur. Ouf, depuis je roule avec ma fourgonnette tout en poursuivant la restauration de la berline.
Autre souci, on a descendu une profusion de joints de culasse, d'abord en se trompant de sens de montage, les deux faces étant en cuivre et apparemment identiques, du moins à l'œil nu, je n'avais rien remarqué alors qu'il y a un sens à respecter et c'est la découpe autour des cylindres qui permet de s'y retrouver.
Ensuite, lorsqu'on refait la segmentation sans déculasser (c'est effectivement possible), ça amène plus de compression et le joint n'aime pas ça du tout !
Autre talon d'Achille de ce quatre cylindres pourtant assez lent (puissance maxi à 3.300 tours) : les bielles régulées, le régule est un alliage de bronze et d'antimoine (ou de plomb) qui était utilisé avant la découverte des coussinets amovibles, coulé directement sur la bielle, puis usiné, il résiste très mal aux importants chocs thermiques et finit par se tasser, augmentant les jeux de fonctionnement, d'où la fragilité de cette mécanique qui manque singulièrement de fiabilité, malgré sa bonne volonté.
De toutes façons, " Il est impératif de ne pas trop monter dans les tours et de veiller à ce que le système de refroidissement soit en bon ordre de marche ".
Un refroidissement qui s'effectue par circulation d'eau, pompe et radiateur multitubulaire placé à l'AV du moteur (et non plus à l'AR comme c'était le cas jusqu'en 1929 sur toutes les Renault).
Enfin, un ventilateur caché derrière le radiateur assure une bonne circulation d'air à travers le faisceau, à priori, un système classique et efficace, sauf pour la pompe à eau qui, placée à l'AV du moteur, est montée sur un arbre commun avec le ventilateur, tous les 800 à 1.000 km, ou lorsque l'eau commence à perler le long de cet arbre, il faut penser à serrer l'écrou du presse-étoupe (garni d'une tresse de chanvre cuivrée). La notice d'entretien précise que cette opération doit être effectuée … à la main ! " Le serrage manuel évite de comprimer à l'excès le joint suiffé ".
Autre précaution pour éviter que le radiateur ne se transforme en cocotte-minute : surveiller la courroie, elle entraîne la pompe à eau et la dynamo. Il ne faut pas qu'elle soit trop détendue au risque de patiner. Enfin, la notice conseille, avec un brin de poésie : " l'utilisation de l'eau de pluie très propre ".
Et puisqu'on en est aux incongruités et autres défauts patentés de ce magnifique ancêtre, un petit détour par la buvette (entendez la station-service locale) fait se dresser les cheveux sur la tête, car pour abreuver Madame, comme nombre de véhicules à cette époque, l'alimentation s'effectue par gravité, on commence donc par soulever le capot et glisser avec délicatesse le pistolet de la pompe à essence dans la goulotte de remplissage qui, tenez-vous bien, est située à droite juste.... au-dessus du bloc-moteur. Si vous avez la tremblote, il vaut mieux éviter de faire le plein vous-même sur un moteur chaud, d'autant que, toujours aussi subtils, les ingénieurs de Renault ont positionné cet orifice à l'aplomb de l'énorme pipe... d'échappement, ben voyons ! pour mettre le feu, il n'y a rien de mieux. Et comme si ça ne suffisait pas, la forme torturée de la goulotte présage le pire, genre refoulements en cascade. Heureusement, j'ai l'habitude et le doigt souple sur la gâchette.
Que voulez-vous, n'oublions pas que ce véhicule a 71 ans.
A l'occasion, je cherche à entrer en contact avec d'éventuels possesseurs de Monaquatre en finition fourgonnette, ne serait-ce que pour avoir des réponses à des problèmes techniques et si donc vous possédez ou avez possédé une telle auto, prenez contact avec moi, par téléphone au +33687927237 ou en cliquant :

Le 24 janvier 2004.
Contact : webmaster@pascalnottelet-oldcar-mona4.com